Poursuite de la négociation sur l?évolution du dispositif concernant les cadres au forfait
La DG propose la signature de deux avenants à l?accord RTT du 20 juillet 2000.
- Possibilité d?abondement « dans des conditions qui restent à déterminer » du compte épargne temps en cas d?utilisation de plus de 20 jours pour cause de maladie grave d?un parent proche
- Possibilité de transférer en Euros pour chaque salarié la contre partie/jours inscrite dans un compte épargne temps sur un dispositif d?épargne salariale, à savoir :
- P.E.E.
- PERCO
- PERE
Cette possibilité serait limitée annuellement dans des conditions qui, là encore, sont à déterminer.
Ces deux dispositifs seraient aussi repris dans l?avenant qui modifierait la définition des cadres au forfait.
Notre délégation a rappelé la genèse de la loi sur les 35h qui avait pour objectif de favoriser la création d?emploi.
Or, tous dispositifs tels que proposés, favorisant à la fois un nombre croissant de cadres au forfait, une augmentation des possibilités liées au compte épargne temps, notamment par sa monétisation vont très exactement à l?encontre de tout effet sur l?emploi !
Ce que la DG propose est un package :
• le 1er dispositif qui, dans l?absolu, peut apparaître socialement correct, permet à la direction d?évacuer la question d?une indemnisation, même partielle, des congés sans solde que n?importe quel salarié peut prendre pour assister un parent proche.
• le 2ème dispositif n?a rien de social. Le paiement des jours de congés dans le compte épargne temps, même transitant par le PEE ou le PERE, revient à augmenter le temps de travail à moindre coût.
Alors que les médecins du travail tirent la sonnette d?alarme sur l?accroissement constaté des pathologies dues à l?intensification du travail (stress, troubles musculo-squelétiques?), cet accord inciterait les salariés à renoncer à une partie de leur congés dans le but de se constituer une épargne.
Il est surprenant de constater que des organisations syndicales se joignent au discours patronal pour inciter les salariés à se constituer eux-mêmes une retraite par capitalisation en renonçant à une partie de leurs congés. Ce dispositif ne revient ni plus ni moins qu?à faire payer aux salariés une partie de leur future retraite avec?leurs propres jours de congés !!
Une telle attitude traduit un certain renoncement à la défense du système de retraite par répartition, mis à mal par l?évolution de la démographie, mais qui souffre essentiellement de la faiblesse du niveau de l?emploi.
La DG a d?ailleurs reconnu que les 30000 jours épargnés à ce jour représentaient 150 équivalents temps plein.
Enfin, les CET étant remis à zéro par cette monétisation des jours « épargnés », cela permettra de poursuivre le système à l?infini en s?affranchissant des limites en nombre et durée prévus par l?accord initial.
Rappelons enfin que la direction propose ce package pour écarter toute réponse à notre revendication de doublement de la prime au forfait et éviter de remettre à plat le dossier complet comme nous le lui avions demandé (Voir nos différents comptes rendus + tract sur le sujet depuis le début)
La CFDT se dit intéressée si on rajoute au « machin » un volet sur la dépendance, ainsi que le SNB s?il y avait hiérarchisation d?un abondement éventuel des jours transférés dans les différents plans !
Les autres ne disent rien?
Bref, l?usine à gaz tourne à plein régime, mais sûrement pas pour réchauffer les salariés !
Suite et fin possible de la négo le 30 octobre




