Dimanche 08 01 2010
   
Texte

Grippe A, Carte sur table ?

“La Grippe A est contagieuse ! La rapidité de sa propagation sur les 5 continents en est l’illustration. Le risque de pandémie est envisageable et les moyens mis en œuvre se doivent d’être à la hauteur du risque pour les populations.”
Cela doit-il conduire à instaurer un climat de peur, à être l’occasion pour certaines entreprises de flairer la bonne affaire ?

Les chiffres annoncés par le ministère de la santé laissent perplexes : commande de 90 millions de doses de vaccins, distribution massive d’antiviraux dans les officines de pharmacies, commande de milliers de masques supplémentaires, publication de millions d’affiches pour prévenir la propagation du virus.

En pareil cas, le citoyen peut se demander si on n’en fait pas de trop, si on ne nous dit pas tout, s’il n’y a pas là prétexte pour masquer l’actualité sociale... et détourner l’attention face au mécontentement grandissant du pays, confronté aux licenciements et à la crise économique.

Quelques interrogations

Toutefois, la publicité alarmiste délivrée depuis plusieurs mois et les décisions qu’elle induit pose questions, questions de santé publique d’une part, et questions sur les mesures qui pourront être prises par les entreprises d’autre part.

  • Sur le premier point, alors que la liste des citoyens prioritaires à la vaccination vient d’être publiée, on peut légitimement s’interroger sur l’opportunité d’inoculer à la population un vaccin dont on ignore, à ce jour, les effets secondaires. Le remède, à entendre certains membres éminents du corps médical, pouvant être pire que le mal.
  • Sur le second point, sous couvert de continuité de l’activité des entreprises, des consignes ministérielles ont été données. Ces consignes sont reprises par une circulaire de la Direction Générale du Travail en date du 3 juillet. Or celle-ci qui n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les Syndicats, accroît le pouvoir unilatéral de l’employeur et ouvre la voie à des effets d’aubaine en matière de dérèglementation du travail.
Ainsi, l’employeur pourrait à sa guise en cas de pandémie modifier les horaires et la durée du travail, aménager les postes ou les lieux de travail, faire jouer la polyvalence entre les salariés et recourir au télétravail et au prêt de main d’œuvre. Le refus du salarié pouvant entraîner un licenciement.

A la BNP Paribas

BNP Paribas entend bien évidemment profiter de ces effets d’aubaine et c’est ainsi que son Plan de Continuité de l’Activité prévoit des salariés autorisés à travailler, éventuellement en télétravail, ou, qui pourraient être soumis à des modifications de l’organisation, des lieux et horaires de travail.

Pour les autres, officiellement, “on leur demanderait de rester chez eux à leurs frais au-delà de cinq jours.
L’arrière pensée de nos dirigeants, ne serait-elle pas de faire prendre les congés en cas de pandémie... afin d’être plus nombreux à “faire du business” une fois l’orage passé ?

Pandémie indolore...

seulement pour la banque !

Pour la Cgt, les salariés et leurs représentants doivent avoir leur mot à dire sur la façon dont ils travailleraient dans les conditions de la pandémie. La décision de faire supporter par les salariés, l’intégralité des charges dues aux éventuelles absences liées, est inadmissible !
Le droit à la santé pour tous ne peut être lié ni au profit des laboratoires pharmaceutiques, ni permettre des atteintes détournées au droit du travail. Nous appelons les salariés à la plus grande vigilance.

Il est bien évident que les élus Cgt exigeront de la Direction qu’elle présente ses projets précis aux différentes instances représentatives du personnel afin d’éviter toutes mesures arbitraires unilatérales qui pourraient être prises par BNP Paribas. Nous attendons d’ailleurs à l’heure actuelle des réponses à une liste de questions sur ce sujet, formulées par les Organisations Syndicales au niveau du CCE. Affaire à suivre...

Rejoindre la Cgt

affiche_egalite

affiche_1er_mai