La reconnaissance avance
Des messages clairs envers les apprentis sorciers du management.
Jusqu'où un homme ou une femme peuvent-ils résister à la pression professionnelle sans être psychologiquement anéantis ?
Nul ne le sait, mais pour autant tout ne saurait être autorisé en matière de management pour une direction d'entreprise, même obnubilée par les performances de ses salariés.
Avec trois suicides en moins de six mois sur le même site, Renault ne pouvait invoquer plus longtemps la fatalité ou les coïncidences.
Une enquête du CHSCT rendue publique fin octobre met en cause des dysfonctionnements sérieux: les dépassements massifs de la durée du travail, le management par la culpabilisation individuelle et un niveau de travail sous pression quatre fois supérieur à la moyenne nationale.
Ce sont ces facteurs objectifs de mal-être qu'on ne pourra désormais plus prétendre ignorer.
Outre l'indemnisation de la famille, la reconnaissance en accident du travail du deuxième suicide d'un salarié au Technocentre de Guyancourt (un troisième faisant toujours l'objet d'une procédure) entérine de fait la responsabilité de l'employeur.
En écho, chez PSA, où cinq salariés ont mis fin à leurs jours sur les sites de Mulhouse et de Charleville-Mézières, on annonce le lancement d'une étude sur les facteurs de stress dans l'entreprise.
Tant de morts pour en arriver là...
Enfin, il est une vraie bonne nouvelle qui nous vient des Alpes- Maritimes.
En juin dernier, la direction d'IBM La Gaude (600 salariés) demandait le remplacement d'un «gêneur» de médecin du travail qui alertait - tout comme la CGT - sur la souffrance au travail dans son établissement.
Le médecin n'est pas parti, et le directeur départemental du travail met aujourd'hui en demeure IBM de procéder à l'évaluation des risques de souffrance mentale dans l'entreprise.
Dorénavant, les hécatombes ne sont plus... fatales...
Si vous avez mal...
Comme c'est le cas d'un nombre de plus en plus important de salariés,qui ont chaquejour mal et souvent très mal au travail, ne vous fatiguez pas à lire ce billet, allez plutôt voir au cinéma le dernier film de Jean-Michel Carré, qui porte ce titre.
Vous assisterez à une dénonciation précise,argumentée, rigoureuse des méfaits du système néo-capitaliste actuel.
Certes,on évoque le taylorisme, le fordisme, la DPO,le management, mais aussi ses perfectionnements au point qu'aujourd'hui le stress au travail, la dépression et parfois le suicide sont les conséquences d'une pratique d'exploitation en service aussi bien chez Renault que dans les centres d'appels.
Tout est fait pour isoler le salarié,lui faire jouer le «maillon fort» face aux autres, le priver de cette solidarité syndicale qui était sa force et son réconfort.
Le film accuse, il révèlele rôle des DRH, des conseillers en organisation, des grands gestionnaires, mais aussi il interroge :que fait, que peut faire et doit faire le mouvement syndical pour empêcher cette démolition des solidarités?
Source: NVO




