Salaires, démontrons que rien n'est règlé
Les négociations salariales de BNP Paribas, se sont achevées sans répondre aux besoins réels des salariés.
Les informations révélées dans la presse sur les bonus des trader et les stocks options de nos dirigeants, ainsi que la mobilisation de nombreux collègues le 6 août à l’appel des organisations syndicales, ont obligé la Direction à donner le sentiment de faire un geste à l’encontre des salariés.
Or, celui-ci ne répond en rien :
- A nos problèmes de pouvoir d’achat,
- A la réduction des inégalités salariales entre les différents pôles,
Que représentent les 46 millions d’euros versés à titre de prime, ramenée au 1 milliard d’euros provisionnés pour les trader et aux salaires des plus hauts dirigeants de notre entreprise, qui eux ne connaissent pas la crise ?
Constat
Le plancher de 320 euros pour l’augmentation pérenne de 1 %, va toucher la majorité des salariés, c’est révélateur du niveau élevé des salaires dans notre entreprise !
Cela représente 24,61 euros bruts par mois, qui c’est certain, ne vont pas changer la donne !
La prime de 1200 euros, quant à elle, ne compense pas la perte subie en matière de participation et d’intéressement pour l’année 2009.
Au regard du niveau des salaires mensuels de la plupart des salariés, elle risque d’être dépensée très vite !
Pour répondre aux attentes justifiées de l’ensemble des salariés, techniciens et cadres, il devient évident que des évolutions salariales sont indispensables. Cette évidence, il y a peu, a alimenté le débat sur une répartition plus adéquate des richesses, sur les places respectives de l’investissement et de la consommation pour sortir de la crise.
Or, sur fond d’argument de reprise économique, la remise en cause du système, qui a pourtant montré ses limites, n’est plus d’actualité et la question salariale risque d’être de nouveau soigneusement ignorée. Il appartient donc aux salariés de se saisir de cette question pour faire émerger de nouvelles perspectives, et obliger l’entreprise à avancer sur les salaires.
Les salaires c’est notre affaire, et il y a urgence
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Urgence :
- A ce que l’activité professionnelle soit rémunérée à son juste niveau, la reconnaissance de la qualification obtenue par le diplôme ou l’expérience acquise devant devenir une réalité,
- A ce qu’il y ait une véritable égalité salariale entre les femmes et les hommes, soumise à un réel contrôle des représentants du personnel, ce qui est loin d’être le cas à ce jour,
- A ce que les salaires permettent de répondre à nos réels besoins sociaux, affaiblis par de nombreuses années de perte de pouvoir d’achat.
Exigeons qu’elle réponde à ces urgences qui relèvent bien de sa responsabilité sociale, la relance de l’économie ne pouvant se passer d’une relance de la consommation.
A défaut d’accord, la direction indiquait qu’elle appliquerait, en janvier 2010 ses propositions d’origine à savoir 0,7% pérenne (plancher 250€) + prime de 25% d’une mensualité (plancher 600€).
Signer or not signer, that is the question
A chaque négociation salariale, se pose pour les organisations syndicales la question de signer ou de ne pas signer l’accord entérinant les propositions de la Direction.
La partition est toujours la même. Il s’agit de faire dire à la Direction que sans signature d’organisations syndicales, elle appliquerait unilatéralement ce qui lui chante.
Cela permet aux signatures d’intervenir rapidement, motivées par l’éternelle rengaine, selon laquelle il vaut mieux «tenir que courir», même si les signataires s’accordent pour dire que l’accord en question n’était finalement pas satisfaisant.
Des règles régissent la négociation collective. La Loi tout d’abord qui exige de l’employeur une obligation de transparence. Egalement la jurisprudence qui invite l’employeur à faire preuve « d’une certaine loyauté » au cours de la négociation.
Cela implique que chacune des parties habilitées à négocier doit disposer de toutes les informations nécessaires et pertinentes pour débattre en toute connaissance de cause. Les négociations salariales n’échappent nullement à ces règles.
Forts de ces éléments que nous portons à votre réflexion, nous pensons que l’application unilatérale d’une mesure est sans doute plus délicate qu’on voudrait vous le faire croire.
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Car dans ce cas de figure :
- la Direction aurait bien entendu des comptes à rendre à ses salariés,
- Une ou plusieurs organisations syndicales pourraient faire constater par les Tribunaux que la Direction n’a pas rempli son obligation de loyauté au cours de la négociation.
Préparer de futures négociations salariales, sur la base des besoins et aspirations clairement exprimés, serait, à notre avis, un bon moyen pour obtenir des mesures à la hauteur de l’attente des salariés.
Le dossier salaires reste ouvert et tout peut encore évoluer.
Dans un premier temps, la Cgt vous propose d’apporter votre pierre en remplissant le questionnaire ci-après.
Soyons nombreuses et nombreux à compléter ce questionnaire et démontrons à la Direction que rien n’est réglé sur le problème des salaires !
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