Dimanche 08 01 2010
   
Texte

CGT.com

Edito

Vous le savez tous, les dernières élections professionnelles ont entériné de nouveaux périmètres pour les comités d’établissement. Ce changement a été voulu par la Direction avec l’accord complice du SNB et de la CFDT. Réorganiser 103 comités en une dizaine pour toute la France n’est cependant pas sans conséquences sur leurs activités. Et dans l'immédiat, l'interrogation et la confusion règnent pour de nombreux salariés, notamment de province.

La configuration de ces différents comités, qu’il s’agisse du CEGPAC national, des comités dépendants de Directions régionales, ou du CEPF qui regroupe près de 14000 salariés dont plusieurs centaines de province, vise à éloigner de ceux-ci les élus du personnel et complique à l’évidence le rôle de ces derniers.

Rôle économique d’une part, puisque chaque dossier de restructuration ou de réorganisation est soumis à l’information, voire à la consultation des instances représentatives. Les dossiers sont ainsi morcelés entre les différents comités et ne permettent ni aux élus d’avoir une vue d’ensemble des projets de la Direction qui sont en réalité souvent imbriqués, ni aux salariés d’avoir une vision claire de leur avenir. L’étendue géographique des différents comités rend difficile toute discussion avec les salariés concernés, toute intervention et information rapides auprès de ces derniers.

Rôle social d’autre part, puisque se pose, pour le CEPF, la question des prestations sociales destinées aux ayants droit de province qui étaient assurées jusqu’à présent par des antennes locales. Qu’en sera-il de la distribution des chèques vacances, des chèques déjeuner, comment leur permettre l’accès à des spectacles sur leur région, aux voyages etc. ?

La CGT du CEPF a demandé à connaître les intentions des gestionnaires SNB et CFDT sur tous ces aspects.
Réponse : c’est en cours de réflexion… Quoi qu’il en soit, des décisions doivent être prises rapidement sur tous ces sujets durant l’été.

Pour ce qui concerne la CGT, nous n’avons jamais été demandeurs des comités d’Etablissements tels qu’ils sont aujourd’hui, les difficultés qui surgissent, quant à leur mise en place, nous donnant malheureusement raison dans notre refus de ces nouveaux périmètres.

Pour autant, tous les représentants de la CGT se placeront toujours résolument du côté des salariés. N’hésitez donc pas à contacter les élus de vos secteurs pour tout problème.

Billet d'humeur

Stocks-options – Et nos salaires !

Souvenons-nous : il y a quelques mois, nos dirigeants, la main sur le coeur, en plein délit de solidarité, renonçaient à leurs rémunérations variables au titre de l’année 2008.

Les médias étant aujourd’hui occupés à regarder ailleurs, pourquoi se gêner, c’est ainsi que, comme vient de le révéler le Parisien, en juin Michel Pebereau s’est octroyé une plus-value de 275.100 Euros et Baudoin Prot de 176.850.

- Cela pendant que la plupart des salariés de notre entreprise travaillent pour un revenu qui s’avère le plus souvent modeste. Ils sont de plus en plus nombreux à connaître des difficultés financières,

- Pendant que les révisions de situation se font au compte-goutte, alors même que ce sont les salariés qui font la richesse de l’entreprise malgré un contexte économique difficile,

- Pendant que chaque année, les négociations salariales piétinent, que la Participation et l’Intéressement ne sont pas à la hauteur des efforts fournis par tous,

- Pendant et alors que l’entreprise s’apprête à externaliser certains secteurs à l’étranger dans un but affiché de réduction des coûts et notamment de salaire,

- Pendant et alors que les restructurations en tout genre fleurissent avec comme conséquence la suppression de nombreux emplois,

- Alors que notre entreprise a perçu 5 milliards d’Euros de fonds publics pour l’aider à passer un cap, paraît- il, difficile…

Alors, nous posons la question ?
Jusqu’à quand allons-nous laisser faire ? Jusqu’à quand allons nous supporter nos bas salaires, des conditions de travail qui se dégradent, une exigence de productivité sans fin ?
Quand allons-nous enfin toucher les fruits des efforts fournis, tandis que nos dirigeants perçoivent des revenus choquants et qu’ils nous expliquent sans rire que l’entreprise ne se remettrait pas d’une augmentation générale des salaires, pérennes et conséquentes ?

Les négociations salariales sont prévues pour la rentrée. Il va falloir se bouger !

Plan de "départs volontaires" à CIB

Les élus du CEPF ont été consultés en séances plénières sur le projet dit «de départs volontaires» de 125 salariés du pôle CIB. Toutes les organisations syndicales présentes au CEPF se sont prononcées contre ce projet et ont demandé à la Direction de privilégier le reclassement de ces salariés dans l’entreprise.

Dans ce dossier, il ne s’agit ni plus ni moins de licenciements économiques et dans ce cadre, la Direction a pour obligation de proposer un poste aux salariés concernés par le plan de restructuration de CIB. En réalité, ce qui aurait dû être un plan de sauvegarde de l’emploi n’est qu’un PAE (Plan d'Adaptation à l'Emploi) qui ne dit pas son nom.

A l’en croire, BNP PARIBAS met tout en oeuvre, en liaison avec les équipes dédiées à la mobilité interne, pour favoriser le reclassement des salariés de CIB visés par le plan.

Cette volonté de reclasser fait beau dans le décor, mais on peut alors se demander pourquoi le plan présenté par la Direction s’articule clairement autour de départs volontaires financés en fonction de la rapidité avec laquelle le salarié se déciderait à quitter l’entreprise.

Ces primes de vélocité apparaissent pour ce qu’elles sont : une carotte pour inciter les salariés de CIB à partir au plus vite. Ce procédé est de notre point de vue tout à fait inadmissible et nous l’avons fait savoir à la Direction.

On peut également s’interroger sur l’affirmation de la Direction faite en séance plénière selon laquelle ces salariés hautement diplômés ont toutes les cartes en mains pour se reconvertir dans des secteurs d’activités autres que financiers ou bancaires !

On pourrait en conclure que ces derniers seraient tout aussi capables de se reconvertir au sein du groupe BNP PARIBAS qui profiterait pleinement de leurs compétences largement reconnues.

Les élus CGT l'on dit et répété : Les pertes de CIB relèvent de la seule responsabilité de la Direction. Les salariés ne devraient pas payer les erreurs stratégiques de celle-ci, qui ne se livre par ailleurs à aucune autocritique et continue de se référer aux prévisions du marché comme les grecs anciens aux prédictions de la Pithie de Delphes.

Ils devraient donc se voir proposer une reconversion professionnelle au sein de l’entreprise, d’autant que le marché du travail, contrairement à ce qu’affirme la Direction, peut ne pas leur être favorable, malgré leurs niveaux élevés de diplômes.

C’est aussi dans le sens du reclassement des salariés qu’est intervenue la Direction départementale de l’Emploi et de la Formation dans une lettre adressée à BNP PARIBAS, preuve s’il en est que la CGT dans son opposition à ce plan de départ volontaire est dans le vrai.

La Direction n’a toutefois pas la moindre intention de revenir sur ce qu’elle a décidé. Le plan de départ volontaire est d’ailleurs ouvert depuis la mi-mai. Elle s’est cependant engagée à remettre aux élus, mensuellement, un état récapitulatif des départs prévus ou des salariés ayant choisi une mobilité.

Sur les premiers états remis en dernière séance, nous pouvons constater que la voie choisie par les salariés concernés est plutôt la sortie de l’entreprise que le reclassement interne.

Nous incitons les salariés à la plus grande prudence, n'hésitez pas à nous contacter en cas de besoin.

Création d’une plate forme Net-Agence

Au moment où dans les agences, fleurissent les déclarations d’amour pour internet en langue d’outre manche, la Direction présente un projet de création d’une plateforme de vente à distance sous le vocable de Net Agence.

Net Agence serait destinée à conquérir une nouvelle clientèle qui surfe sur le net et qui n’a pas réellement vocation à se rendre dans les agences bancaires traditionnelles.
Net Agence ressemble à une agence, dispose de l’offre commerciale d’une agence, revêt les mêmes caractéristiques qu'une agence.

Cette plateforme constituée dans un premier temps de 10 personnes (pour arriver à 22) située rue de Chateaudun, comme d’ailleurs le CRC (Centre Relation Clientèle) qui devrait quitter prochainement l’immeuble Tolbiac, sera chapeautée par la Direction du CRC.

A entendre la Direction, ce projet modeste n’aurait aucune incidence sur le réseau traditionnel, sauf à éventuellement faire gagner de nouveaux clients qui n’étaient jusque là pas enclins à le devenir.

Dans ce contexte, à la lecture du dossier, alors que les commerciaux ont des objectifs de promotion de l'usage de l'internet auprès de la clientèle, la CGT a fait part de son inquiétude relative à une volonté de développement au détriment du réseau, à une mise en concurrence déloyale, aboutissant à un impact sur des catégories de conseillers et à terme sur l'emploi.

Si la montée en charge de Net Agence se faisait assez rapidement, bien que la direction se soit montrée rassurante dans sa présentation du dossier, nous n'excluons pas le risque d'accélération du processus de réorganisation du réseau, en impactant à terme un certain nombre d’agences, notamment les petites agences de quartier jugées pas suffisamment rentables.

Lors de la consultation des élus, la CFDT s’est prononcée pour la création de cette agence, la CGT contre pour les raisons évoquées ci-dessus, le SNB et FO prenant acte.

Reste qu’il faudra rester vigilant sur l’évolution de l’activité de cette plateforme, notamment en terme de méthode de recrutement clientèle et d’offre tarifaire.

CRC (Centre de Relation Clientèle)

Sous couvert de spécificité du métier de conseiller clientèle, la Direction entend considérer les CRC comme entités à part. Il en est ainsi depuis la création.

Nous avons interrogé de très nombreuses fois la Direction au cours des années passées, tant en comité d’Etablissement, qu’en délégation du personnel, sur des pratiques inadmissibles dont les salariés nous ont fait part : remarques faites sur leur habillement, interrogation sur le motif de leur absence lorsqu’ils reviennent d’un arrêt maladie et l’on pourrait citer bien d’autres exemples…

Pour la Direction la réponse est immuable. Si d’aventure ces faits avaient lieu, ce serait répréhensible mais rien de cela ne se produit. On pourrait donc penser sans doute que les procédés dénoncés relèvent d’une pure vue de l’esprit.

Mais comment expliquer, alors que les salariés changent (le turn over est d’importance sur ces plateformes sur lesquelles les jeunes restent environ trois ans), que les réclamations qui nous parviennent restent identiques au fil du temps, sinon parce que les faits en question ont bien cours ?

C’est qu’il s’agit tout simplement au sein de ce que la Direction nomme «la pépinière» (cela veut tout dire) de formater ces jeunes salariés destinés pour la plupart à devenir des commerciaux pour qu’ils intègrent coûte que coûte un supposé «code» BNP PARIBAS, ce qui ne va pas sans entraîner un certain nombre de dérives de la part de l’encadrement.

Ces pratiques d’un autre âge doivent cesser. Les salariés peuvent compter sur la CGT, pour avec eux, faire respecter leurs droits.

Leurs droits sont les mêmes que pour tous les autres salariés de BNP PARIBAS.

Problèmes de casques :

La Direction a équipé les salariés du CRC de nouveaux casques qui ne sont pas révélés performants. En effet, les salariés du CRC Tolbiac se sont trouvés rapidement confrontés à des nuisances importantes (pression trop élevée sur les oreilles, problèmes acoustiques de différentes natures, maux de tête), et ont exercé, à juste titre, leur droit de retrait devant ce qu’ils percevaient comme une situation de danger, comme la Loi le permet.

Les membres CGT du CHSCT concerné (celui du CEPAC IF) qui n’a par ailleurs été ni informé, ni consulté sur ce sujet au mépris du Code du Travail, ont réagi rapidement et exigé le retrait de ces casques.

Il appartient maintenant à la Direction de fournir au CHSCT tous les documents nécessaires à la procédure de consultation, d’autant qu’une étude a été demandée par la Direction sur ce nouvel équipement qui n’est pas labellisé, et de prendre rapidement toute les mesures nécessaires pour permettre aux salariés de travailler en toute sécurité.

Dernière minute, la Direction consent à informer le CHSCT. Affaire à suivre.

Les restaurants du CEPF

St Fiacre et Haussmann :
Une situation inadmissible !

Les restaurants d’entreprise Haussmann et Saint Fiacre sont pleins à craquer à l’heure du déjeuner. De plus, les travaux du restaurant Thérèse ont pris plusieurs mois de retard. Or, selon la Direction tout va pour le mieux, sauf que des salariés, de plus en plus nombreux, nous ont appris qu’ils avaient dû renoncer à manger, à plusieurs reprises, à Saint Fiacre faute de place.

Le restaurant St Fiacre pose problème depuis sa réouverture après travaux ; difficultés à circuler entre les tables (trop de tables au m2), nombre de places insuffisantes par rapport à l'affluence de salariés… La CGT l’a signalé à plusieurs reprises.

L’arrivée des 1500 salariés de BNP PAM dans l’immeuble Bergère, rationnaires potentiels sur les restaurants Saint Fiacre et Haussmann, n'a fait qu'aggraver la situation.

Chaque salarié devant pouvoir déjeuner dans les meilleures conditions possibles, la CGT a demandé à la Direction de permettre aux salariés qui le souhaitent de se rendre au restaurant inter entreprise situé à proximité dans l’immeuble Châteaudun.

Celui-ci, utilisé par les salariés de BFI travaillant dans cet immeuble, pourrait être repris par le CEPF, si les gestionnaires et la Direction en avaient la volonté.

Cette proposition règlerait au moins partiellement les difficultés, mais, réponse négative et visiblement sans appel de la Direction qui continue à nier les problèmes, et silence des gestionnaires SNB et CFDT.

Si l’on en croit la Direction, tout va rentrer dans l’ordre dès l’ouverture du restaurant Thérèse qui devait s’effectuer fin octobre. Mais, avec les retards dans les travaux, l’ouverture est maintenant envisagée pour la fin de l’année.

Cette position n'est pas acceptable au vu des difficultés quotidiennes rencontrées par les salariés fréquentant ces restaurants.

Les élus CGT ne peuvent se satisfaire de ces réponses et vont poursuivre leurs interventions. Mais dès maintenant, n'hésitez pas à envoyer des messages au secrétaire du CEPF et responsable des restaurants afin de leur faire part de votre mécontentement.

Baisse des coûts

Pour la Direction deux solutions :
Délocalisations / externalisations

Les sommes colossales distribuées avec largesse par l’Etat aux Banques au début de la crise avaient largement fait débat, à tel point qu’il avait été prévu par le Gouvernement de subordonner les aides de l’Etat à un engagement des entreprises à ne pas délocaliser les activités.

Tout cela est bien beau, mais BNP PARIBAS n’entend pas renoncer à sa politique de réductions des coûts, notamment salariaux, l’externalisation et la délocalisation d’activités sont pour la Direction l’un des moyens d’y parvenir.

Bien sûr, de nombreuses activités inhérentes à l’activité commerciale de BNP PARIBAS, en France, sont déjà réalisées dans des pays à faible coût de main d’oeuvre, mais les plateformes créées à cette occasion ont été installées dans le cadre d’un développement ou celui de la création d’une activité, soit ont été acquises en même temps que les filiales pour qui elles travaillent.

Les délocalisations ou externalisations qui sont peu à peu annoncées aux instances représentatives du personnel n’ont cette fois d’autres finalités que l’abaissement des coûts. Une opération de délocalisation, vers l’étranger, des développements informatiques d’ITP a déjà eu lieu ; elle s’est avérée moins juteuse que prévue. Malgré cela et bien que la qualité des prestations due au turn-over, au décalage horaire et à l’éloignement géographique n’ait pas été au rendez-vous, aucun retour en arrière n’est envisagé par la Direction.

    Au programme :
  • un départ du back office des crédits documentaires TRADE sur une plateforme de traitement à Mumbai en Inde,
  • un projet d’externalisation de la Comptabilité Fournisseurs abandonné… au profit d’une délocalisation dans une filiale de BNP PARIBAS située au Maroc au nom évocateur de MEDITERRANEE BUSINESS PROCESS (aucun doute que cette subtilité mettra du baume au coeur des salariés de cette entité qui devront s’orienter vers une autre activité…),
  • une externalisation du secteur de la paie, baptisée projet NORHA.
Il ne s’agit là que d’un début, et les élus du personnel seront sans doute amenés à se prononcer à terme sur d’autres projets de ce type. La Direction sait faire oeuvre d’imagination quand il le faut pour ses intérêts.
Pour la CGT, de telles pratiques qui visent à la destruction d’emplois en France, même limitée, sont inadmissibles, alors même que la situation économique commanderait l’inverse.

Il faudra la détermination des salariés et des organisations syndicales pour s'opposer à ces plans destructeurs. Pour sa part, la CGT est disposée à ne pas laisser faire.

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