Dimanche 08 01 2010
   
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Restructurations CIB

Une logique folle

Lors de la présentation du plan social de CIB aux élus du Personnel du Comité d’Etablissement des centraux Parisiens (CECP/CEPF), vendredi 27 mars 2009, les représentants de CIB et des Ressources Humaines ont développé leurs arguments afin de tenter de justifier ce projet.

Des justifications infondées

La crise financière apparue mi-2007 (et prévue depuis bien longtemps par certains économistes) a entraîné une crise de confiance, un assèchement de la liquidité et a plongé l’économie réelle dans une crise sans précédent depuis 100 ans, cela est vrai : de ce fait, certaines activités complexes de marché se sont ralenties, voire arrêtées.

La direction de CIB a donc décidé de considérablement réduire la voilure sur ces activités.
Mais elle ne fait aucune auto-critique de ses orientations passées et même très récentes, comme le rachat en octobre 2008 de l’activité de teneur de comptes des Hedge Funds de Bank of America pour 300 Millions ou ses pertes sur les fonds MADOFF pour 350 Millions!

Personne ne reprochera à BNP Paribas d’abandonner les produits toxiques et de réorienter son activité vers des produits plus sains, mais,

  • s’agit-il bien de cela ?
  • rien ne justifie la mise en place d’un plan social concernant 125 salarié(e)s à Paris dans un groupe de plus de 170.000 personnes !

De plus, sous couvert d’arrêt de la commercialisation de ces produits de marché complexes, on réduit aussi la voilure sur la relation clientèle (Coverage) et la banque de flux (Trade Finance et Cash Management de CTG).

Alors que précisément cette crise devrait amener les dirigeants du groupe à renforcer :
  • L’analyse des risques sur les produits de marché
  • Le suivi et le monitoring des risques sur tous les produits
  • Le suivi clientèle pour être au plus près des besoins des grandes entreprises mais aussi des entreprises de taille plus modeste
  • L’analyse propre des risques de contrepartie afin d’être plus indépendant des agences de notations dont on a vu qu’elles étaient loin d’être exemptes de reproche dans la crise actuelle.

"Bien entendu ce renforcement devrait signifier une augmentation du nombre de salariés dédiés à ces tâches et une réorientation de la banque vers son métier primordial"

Bien entendu ce renforcement devrait signifier une augmentation du nombre de salariés dédiés à ces tâches et une réorientation de la banque vers son métier primordial : le financement des besoins de l’économie réelle, une sélectivité nouvelle du Crédit favorisant les investissements créateurs d’emplois, l’abandon de la recherche continuelle de la bulle qui permettra pendant quelques temps de dégager des profits mirifiques tout en menaçant à terme l’équilibre financier mondial.

Ce n’est pas l’orientation choisie :

Au nom de la rentabilité exacerbée des capitaux et des fonds propres, au nom de la logique financière qui impose une concurrence démentielle, BNPP va réduire la voilure, fermer le robinet et accélérer la spirale de la récession : une logique folle !

Des mesures injustifiées

BNP PARIBAS ne cesse de se targuer d’être une Entreprise responsable voire citoyenne mais ce discours colle-t-il à la réalité ?
D’après les informations communiquées au Comité Central d’Entreprise les salariés visés par ce plan de «licenciements volontaires» sont plutôt jeunes et très diplômés. Comment croire qu’ils ne seraient pas reclassables dans le Groupe ?

Pourtant BNP PARIBAS n’hésite pas à mettre dehors bon nombre de jeunes en CDD ou embauchés en CDI mais en fin de période d’essai, généralement après avoir prolongé celle-ci et alors que certains étaient présents dans le groupe depuis plusieurs années si l’on tient compte des périodes de stage ou de VIE (volontaires internationaux en entreprise)!

Pourtant BNP PARIBAS n’a pas hésité à rapatrier sans délai des salariés expatriés les mettant dans une situation familiale et professionnelle impossible où ils n’auraient d’autre choix que d’accepter leur départ de l’entreprise.

En matière de suppressions d’emploi, la législation prévoit qu’il n’est possible d’avoir recours aux licenciements qu’après avoir examiné toutes les possibilités de reclassement. Bien sûr la Direction fait mine de s’y conformer, mais il ne s’agit que de «paroles verbales» contredites par une mesure très concrète : une prime de rapidité qui serait d’autant plus élevée que le salarié serait véloce à proposer son propre licenciement !
Ainsi il n’y a à BNP PARIBAS aucun accord de Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences !

Les prochaines étapes

Le Comité d’établissement des Pôles et Fonctions doit se réunir à nouveau après l’élection du 2 Avril. A ce jour ces réunions sont prévue le 6 Avril pour une nouvelle séance d’information et le 27 Avril pour une séance de consultation.
Par ailleurs la Direction doit soumettre son plan à l’Inspection du Travail.

Comme la DG fait la sourde oreille à nos observations nous ne manquerons pas de les faire parvenir à l’administration.
N’hésitez pas à nous contacter pour tout besoin d’assistance ou d’information.
Comme nous le faisons depuis le début nous continuerons à vous informer et à défendre vos Droits.

Story telling

Cette mode vient des Etats-Unis. Quand la politique d’une entreprise produit des résultats peu reluisants, les «communicants» sont chargés d’inventer de belles histoires et de les faire vivre comme si elles étaient la réalité.

Lors de cette même séance la Direction nous a informé sur la situation de l’emploi des personnes handicapées dans notre établissement. Cela tombait bien puisque, sur Echonet, Monsieur Pebereau et la Responsable de la Diversité nous vantaient la politique de la Banque en la matière.

Résultat concret de cette politique en 2008 dans l’établissement (qui compte environ 10.000 salariés) : cinq (5 !) embauches de personnes handicapées. Compte tenu de l’évolution des emplois et des départs en retraite il y a en proportion moins d’handicapés qu’en 2007.

Pourtant, grâce à la signature d’un accord avec certains syndicats, BNP Paribas est dispensée de verser toute pénalité en 2008. Pour 2007, le chèque versé se montait à 6.614.207,71 Euros.
Elle est pas belle la politique de diversité de BNP PARIBAS ?

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